"Comme un visage intime dans une foule anonyme, la voilà enfin, celle, pour qui mon cœur bat.
Comme une aquarelle, elle s'esquisse devant moi. Elle dont le corps ondulé, comme une mer de blé, se balance au gré du vent
comme des flammes d'argent."
BELLE...
Comme un voilier blanc
Qui brise l'horizon monotone,
Ou le vol d'un goéland
Dans le ciel de l'automne.
Comme une rose blanche
Au milieu d'un désert,
Ou la pomme sur la branche
Aux portes de l'enfer.
Comme une douce mélodie
Au milieu d'une cacophonie,
Comme un visage intime
Dans une foule anonyme,
La voilà enfin, celle,
Pour qui mon cœur bat
Comme une aquarelle
Elle s'esquisse devant moi.
Elle dont le corps ondulé,
Comme une mer de blé,
Se balance au gré du vent
Comme des flammes d'argent.
Elle dont les longues jambes
Pareilles à des tours d'ivoire
Me grisent et me flambent
Un peu plus chaque soir.
Elle qui semble si fragile
Quand je dépose mes mains
Pour des caresses subtiles
Sur le creux de ses reins.
Elle dont les seins en amande
Doux comme le satin
Sentent bon la lavande
Dans la rosée du petit matin.
Elle dont les petites mains
Si fines et pourtant si belles
Comme les ailes d'une hirondelle
M'enlèvent dans des rêves lointains.
Elle dont les lèvres orphelines
Sont pareilles aux collines,
Où coulent le long du jour
Les fraîches rivières de l'amour.
Elle... qui souvent me manque tant
Lorsqu'elle est loin de moi,
Que je l'aime maintenant
Dans le creux de mes bras.