Célébrons saint Valentin, ce prêtre emprisonné par un empereur romain impitoyable. Ou serait-ce cet autre Valentin, martyr obscur de l'Afrique du Nord? Si les mystères de l'amour font partie des secrets bien gardés de l'univers, l'origine exacte de la Saint-Valentin relève de l'énigme la plus totale.

La date est bien encerclée. Au crayon rouge, de préférence. Le réflexe? Automatique. Un bouquet de roses, une boîte de chocolat. Sans trop savoir pourquoi, les Nord-Américains se lèvent le matin de la Saint-Valentin sous leur jour le plus romantique. Question de gâter leur douce moitié, mais certainement pas dans le but de rendre hommage à saint Valentin, père spirituel déchu de la célébration annuelle.On peut comprendre les amants de ne pas trop donner dans les leçons d'histoire entre deux entrées aphrodisiaques au resto. Selon l'Encyclopédie catholique de 1908, trois Valentin seraient candidats pour remplir cette case du calendrier.

Le premier - et plus sérieux prétendant - est un prêtre chrétien qui aurait vécu au IIIe siècle. À l'époque, l'empereur romain Claudius II aurait banni les mariages pour s'assurer que les jeunes hommes montent au front. N'écoutant que son coeur, Valentinus a ainsi marié bon nombre de couples en catimini. Arrêté par Rome pour son délit, il aurait été exécuté un certain 14 février.

Un autre Valentin serait tombé amoureux au cachot de la fille de son geôlier. Entre les barreaux, il lui aurait glissé des petits mots tendres. Le tout était souligné : «De ton Valentin...» Des mots éternels aujourd'hui reproduits sur pas moins de 188 millions de cartes chaque année, selon le géant Hallmark.

Le troisième Valentin évoqué par l'Encyclopédie est un martyr de l'Afrique du Nord pour lequel très peu de détails sont connus.

Pas moins de sept Valentin parsèment l'histoire du catholicisme. On croit que la fête a été décrétée par le pape Gélase 1er en 496. Le numéro un de l'Église venait d'abolir les fêtes lupercales, une célébration païenne un peu trop excentrique à son goût. De jeunes hommes habillés avec des lanières de boucs fraîchement sacrifiés couraient alors dans les rues de Rome, fouettant au passage les femmes afin de les rendre fertiles. Exit cette pratique disjonctée, mais place à une fête pour souligner l'amour plus respectueux, ordonna le pape.


Des trésors de Valentin


La suite de l'histoire se brouille. Même pour une chercheuse de trésor comme Nancy Rosin. L'Américaine a consacré toute sa vie à la recherche des valentins perdus à travers les âges. «C'est tout un casse-tête, mais aussi une façon formidable de découvrir l'histoire. Ces pièces de collection sont ce qu'il y a de plus près de la véritable nature des gens», raconte celle qui est présidente de la National Valentine Collectors' Association.
br> Pour elle, la journée nationale des amoureux est tout sauf une création mercantile récente dictée par l'industrie du chocolat et de la rose. «J'ai en ma possession un exemplaire du Nurberg Chronicle qui évoque la Saint-Valentin. Et ça date de 1493...»

Elle a beau scruter à la loupe toutes les pièces d'anthologie, Nancy Rosin ne parvient pas à élucider le mystère de la fête. «Nous avons peu de choses tangibles avant le XVIe et le XVIIe siècle, explique-t-elle. Sur le fond de l'histoire, il y a deux grands sites historiques dans le monde où sont enterrés des Valentin. Et personne ne connaît vraiment la vérité.»


Le symbole Cupidon


Cupidon, le petit garçon à la fois angélique et malicieux, n'a pas de lien officiel avec les origines de la Saint-Valentin. Ce dieu de l'amour dans la mythologie romaine, fils de Vénus et de Mars, est néanmoins devenu un symbole incontournable des amants depuis des siècles, en raison de son arc et de ses flèches en or, capable de rendre amoureux ses cibles. La légende raconte que Cupidon se serait même tiré une flèche dans le pied pour tomber amoureux de Psyché après avoir été soufflé par sa beauté. Par ailleurs, ce dieu porte le nom d'Éros dans la mythologie grecque.






L'une des plus belles légendes raconte qu'un jour, sur les hauteurs de Roquemaure, Bruno et Placidie, un couple d'amoureux de cette cité rencontra un homme se nommant Valentin. La légende dit qu'il promenait l'Amour avec lui.

Il leur raconta qu'il avait quitté Rome, cité ravagée par la peur, la haine et le sang et où l'amour n'avait plus de place. Fatigué, il s'était arrêté à Roquemaure, pour s'y reposer.

Le voyant si triste, les Amoureux l'invitèrent à leur mariage, qui devait avoir lieu le lendemain. Et lui, les voyant si amoureux, reprit espoir et les suivit.

La Fête fut magnifique et dura toute la journée. Le soir venu, Valentin demanda qu'on lui apporte sa besace, lourde et légère à la fois.

Intrigués, tous les jeunes gens du village s 'approchèrent de lui, pour voir ce qu'elle contenait...Soudain, leurs yeux brillèrent de désir, leurs coeurs palpitèrent.

Chacun désirait pour ses lèvres, un peu du contenu de cette besace, pleine de baisers d'Amour. Ils en reçurent tous des mains de Valentin. Bruno fut le premier à échanger le sien avec celui de Placidie... et tous en firent de même.

Depuis ce jour, on vient de fort loin pour cueillir ce baiser, qui réchauffe le coeur, à Roquemaure




Mots d'amour
"Dans mes bras vous serrer ce matin
dans ma maison entourée d'un jardin
entraîné par des paroles d'amour
tranquille je vous aime en ce jour

Reviendrez-vous me visiter un soir
pour discuter des lendemains ensoleillés
reviendrez-vous me visiter un soir
pour m'envelopper dans vos bras cendrés"

(Marcel-Fabien Raymond)





Pensée de la Saint-Valentin