"Je ne suis pas une grande dame de la chanson
Je ne suis pas une tulipe noire
Je ne suis pas poète
Je ne suis pas un oiseau de proie
Je ne suis pas désespérée du matin au soir
Je ne suis pas une mante religieuse
Je ne suis pas dans les tentures noires
Je ne suis pas une intellectuelle
Je ne suis pas une héroine
Je suis une femme qui chante"


L'AIGLE NOIR


Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d' un lac, je m' étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer,
Près de moi, dans un bruissement d' ailes,
Comme tombé du ciel,
L' oiseau vint se poser.

Il avait, les yeux couleur rubis,
Et des plumes couleur de la nuit,
A son front, brillant de mille feux,
L' oiseau roi couronné,
Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue,
Dans ma main, il a glissé son cou,
C' est alors que je l' ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m' était revenu.

Dis l' oiseau, ô dis, emmène-moi,
Retournons au pays d' autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d' enfant,
Pour cueillir, en tremblant,
Des étoiles, des étoiles.

Comme avant, dans mes rêves d' enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Etre faiseur de pluie,
Et faire des merveilles.

L' aigle noir, dans un bruissement d' ailes,
Prit son vol, pour regagner le ciel.

Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d' un lac, je m' étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Un beau jour, une nuit,
Près d' un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Il surgit, l' aigle noir.

Un beau jour, une nuit,
Près d' un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Surgit un aigle noir...









Pourtant nous le savions,
tu nous avais prévenus :
"Par une nuit de novembre,
pardonnez-moi je vous quitterai
je me ferai légère, légère
et dans un bruissement d'ailes
je rejoindrai les forêts de lune…"
Ce n'est pas une chanson.
Voyageuse de la nuit bleue,
n'oublie pas tes lunettes
ni tes mules de velours.
Pour les pianos ne t'inquiète pas,
le ciel en est rempli
et les anges les accordent.
Quant à nous, pauvres de nous,
l'oreille dressée nous comptons les étoiles.

Marie Chaix ©
Key West, 25 novembre 1997 ®