Joe Dassin était, sans aucun doute, un personnage très particulier dans le monde de la chanson.
"Personne ne le connait vraiment, - dit Claude Lemesle, son parolier et ami. - Son image créée par les médias n'a rien de commun avec le véritable Joe." Cela ressemble à un paradoxe, mais c'est comme ça, Joe Dassin, ce chanteur extraordinairement populaire, adulé, était sous-estimé.
Combien d'entre ceux et surtout celles qui l'admiraient sur scène connaissaient Joe l'inconditionnel du grand Georges Brassens (il connaissait toutes les chansons de Brassens par coeur!), Joe le connaisseur de la musique classique, du jazz? Joe l'introverti qui était trop discret et trop réservé pour vivre sa vie de vedette? Joe l'intellectuel qui lisait énormement, qui parlait 6 langues? Joe le perfectionniste qui ne croyait pas en son talent, qui travaillait comme un fou pour "polir" chaque chanson?.. Ce Joe Dassin inconnu qui se cachait derrière l'image dont la beauté et l'insouciance ont séduit trois générations de femmes?..
Ce deuxième Joe Dassin se sentait mal dans sa peau de vedette. Pendant toute sa vie, cette bipolarité de sa nature n'arrêtait pas de le tourmenter...
…Tu chantes encore, cher Joe, et ta chaleur et ta sincérité sont aussi éternels que tes refrains et notre amour pour toi. Mais tu nous manques terriblement, avec tes mots sages, tes nouvelles chansons que tu ne chanteras jamais, ta présence et ton sourire. Merci de nous avoir laissé tant de beaux souvenirs, merci de nous avoir permis t’aimer. Ton image est grâvée à jamais dans les coeurs de ceux et celles qui ont eu la chance de te voir un jour.
La mort n’existe pas vraiment, elle est impuissante devant la musique, l’amour et la beauté.
Après le divorce de ses parents, Joe Dassin choisit de retourner aux États-Unis où il s'inscrit à l'université, en ethnologie. Il y obtient l'équivalent d'un doctorat. Musicien dans l'âme, il se produit sur les terrasses des bars en interprétant Georges Brassens. Il regagne la France, nostalgique, et, par le biais de quelques relations, parvient à se faire engager pour CBS. Son premier disque 'Je change un peu de vent' ne s'impose pas ; néanmoins le fameux 'Bip Bip' récolte le succès qu'il mérite. Son répertoire se singularise par quelques airs de country-folk et des textes s'inspirant de chanteurs populaires. Il multiplie dès lors les tubes : 'Les Daltons', 'Guantanamera', 'Cecilia', 'L'Amérique'... L'engouement du public atteint son paroxysme avec son tube incontestable 'L'Eté indien'. S'enchaîne une kyrielle de tournées et une série de représentations à l'Olympia. Cependant son parcours s'achève subitement : une crise cardiaque l'emporte loin de la scène, laissant derrière lui des fans inconditionnels et désolés.