Félix Leclerc fait tellement figure de géant que l'on ne sait par quel aspect aborder son oeuvre. Disons simplement que sa carrière de chansonnier se divise principalement en 2 parties. Avant 1970, Leclerc était le Québécois qui avait la plus belle carrière internationale. Ses textes, riches et poétiques comme pas un, faisaient les délices de la francophonie. Au Québec, Leclerc était beaucoup plus perçu comme un auteur que comme un chansonnier. Ses premiers succès eurent lieu en France. Un événement viendra cependant tout changer... La crise d'Octobre transforme Leclerc en « alouette en colère ». Dès lors, Leclerc deviendra un des acteurs du mouvement indépendantiste québécois. Ses dernières oeuvres porteront sur les espoirs d'une nation en devenir, puis Leclerc s'éteindra le 8 août 1988 sans avoir vu son rêve, l'indépendance du Québec, se concrétiser.

Chanson pour Félix


Le souffle offert à tous les vents
Une guitare de conquérant
Des mains de force et de vigueur
Des mots d'amour... de labeur

Sa voix réveillait les aurores
Et des sirènes dans les ports
Sa voix profonde... "déserteuse"
Toujours vivante... voyageuse

Je voudrais chanter Félix Leclerc
Pieds nus dans l'aube de sa lumière
Chanter des Hymnes au printemps
Avec la voix des... paysans

Comme un roi heureux dans les champs
Dans l'espace... dans le temps
Ses p'tits bonheurs savent fleurir
Dans le présent... l'avenir...

Sa voix réveillait les aurores
Et des sirènes dans les ports
Sa voix profonde... "déserteuse"
Toujours vivante... voyageuse

Je voudrais chanter Félix Leclerc
Pieds nus dans l'aube de sa lumière


Yvan Giguère
Fondateur de la Journée de l'Hymne au printemps
Saguenay (Québec)





LE P'TIT BONHEUR!
(paroles et musique: Félix Leclerc)


C'est un petit bonheur
Que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer
Il s'est mis à crier:
«Monsieur, ramassez-moi,
Chez vous amenez-moi
Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade,
Si vous n' me cueillez point je vais mourir, quelle ballade!
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure,
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture!»

J'ai pris le p'tit bonheur,
L'ai mis sous mes haillons,
J'ai dit «Faut pas qu'il meure,
Viens-t'en dans ma maison.»
Alors le p'tit bonheur
A fait sa guérison
Sur le bord de mon coeur
Y avait une chanson.
Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désoeuvré, j'avais dégoût d' la r'commencer
Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m' faisaient des peines
J' prenais mon p'tit bonheur et j' lui disais «C'est toi ma reine!»

Mon bonheur a fleuri
Il a fait des bourgeons
C'était le paradis
Ça s' voyait sur mon front
Or un matin joli
Que j' sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti
Sans me donner la main
J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes,
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur,
Il s'en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine,
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure.

J'ai bien pensé mourir
De chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire
C'était toujours la nuit.
Il me restait l'oubli
Il me restait l' mépris
Enfin que j' me suis dit
Il me reste la vie!
J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux (bis)





Aux yeux des Québécois, l'île d'Orléans restera un lieu mythique, celui que chanta avec tant d'amour Félix Leclerc, qui y demeura durant près de 30 ans. Les pèlerins qui visitaient déjà l'île peuvent désormais faire halte à l'Espace Félix-Leclerc, inauguré il y a un peu plus d'un an. À la fois musée et salle de spectacles, l'Espace Félix-Leclerc symbolise le mandat de la Fondation Félix-Leclerc- dirigée par sa fille, Nathalie Leclerc, et Christian Bilodeau: perpétuer sa mémoire et diffuser la chanson francophone à laquelle il a, à toutes fins pratiques, donné naissance au Québec. Félix Leclerc est arrivé à l'île d'Orléans en 1946 pour y mourir au matin du 8 août 1988. "Au début, Félix habitait sur la terre d'un dénommé Joe Pichette, précise Christian Bilodeau. Avec le fils de Joe, il s'était bâti un camp en bois rond au fond de la terre. Il y venait sporadiquement pour relaxer, composer ses chansons, écrire sa poésie." Plus tard, Félix acheta la terre de Joe Pichette et se bâtit une maison à côté de celle de son ami. Dans cette municipalité de Saint-Pierre, à l'entrée de l'île, s'érige l'Espace Félix-Leclerc (www.fondationfelixleclerc.com), dans une ancienne grange sise sur la terre d'un producteur de cassis. Le 24 juin 2002, les membres de la Fondation ont inauguré les lieux, qui regroupent à la fois le musée et une salle de spectacles, "la seule de l'île", indique Bilodeau. "Cela profite autant à la population orléanaise qu'à la population touristique" qui, bon an mal an, représente plus de 400 000 visiteurs à chaque année.

















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